Succedant au Sept, ouvert en 1968 par Fabrice EMAER, le Palace ouvre ses portes en 1978, à cette époque, c'est la vague disco et le succès des grands Club comme le Studio 54 à New York (voir article précédent). Fabrice EMAER cherche alors un endroit plus grand. C'est Michel Guy, ministre de la culture du 1er gouvernement de Giscard et qui lança le festival d'automne qui lui donna l'idée d'acheter le Palace, théâtre du Faubourg Montmartre alors presque à l'abandon. Après d'importants travaux réalisés en un temps record, c'est l'ouverture le 1er mars 1978, avec un show de Grace Jones. Les serveurs sont habillés en rouge et or par Thierry Mugler. Fabrice voulait en faire un lieu ouvert à tous, différent de la rue Sainte Anne, tout en en gardant l'esprit : ce fut une réussite complète. En plus d'être la discothèque la plus courue du moment, élevée au rang de phénomène sociologique, ce fut aussi un endroit où furent données de nombreuses fêtes (Kenzo, Karl Lagerfeld), et aussi une salle de concerts, organisés par Paul Alessandrini puis par Assaad Debs et Rosebud ...
Le Palace fermera ses portes en 1983, l'ancien théâtre centenaire a été le cadre de fêtes étincelantes où les plus grandes stars internationales ont défilé, croisant des anonymes partageant la même insouciance que racontait au quotidien le journaliste Alain Pacadis, dans les colonnes de Libération. Quintessence de la fête mais beaucoup plus qu'une simple discothèque, Le Palace, a été un lieu de convergence, cristallisant nombre de courants, d'attitudes et de modes pendant les années hédonistes de l'avant-sida.
Le livre "Les années Palace"analyse l'extraordinaire succès du lieu, mais aussi la nostalgie qui réunit ceux qui l'ont fréquenté, tout comme les plus jeunes pour qui le club du Faubourg Montmartre est la référence aussi absolue qu'inaccessible. Le Palace incarne aussi l'utopie d'une vaste fête démocratique dans l'ivresse de la nuit. Fabrice Emaer a eu une idée de génie en pariant que ce qui avait été fait avec le Studio 54 pourrait être appliqué en France.
"Dans le pays de Giscard, mélanger des riches et des pauvres, des blancs et des noirs, des hétéros et des Gays était tout simplement révolutionnaire", estime le journaliste Didier Lestrade. "N'importe qui pouvait entrer au Palace si un effort avait été fait sur le look ou sur l'attitude".




